Petit guide logique pour déconstruire l'argumentaire TERF (et d'autres)

En plein dans la polémique autour du mouvement TERF (Trans Exclusionary Radical Feminism), je saisis l’opportunité offerte par l’article d’Adèle Bellanger publié sur Komitid pour proposer un petit jeu (avec beaucoup de malice j’en conviens, bien que l’affaire soit tout à fait sérieuse, comme le rappelle cette tribune publiée sur Libération). L’article d’Adèle Bellanger se propose de décortiquer les arguments d’opposition à la présence des personnes trans*, et notamment des femmes trans, au sein des mouvements féministes.

Elle regroupe cinq arguments principaux dont les classiques (datant, comme le souligne également Julia Serano dans son Manifeste d’une femme trans (2020), des années 70) : « On est une femme quand on a une vulve », « Les femmes trans sont en fait des hommes cis qui infiltrent les milieux militants féministes, usent de leurs privilèges et invisibilisent les femmes cis » (cis = cisgenre, c’est-à-dire personne dont le genre est en adéquation avec son attribution génitale) ou encore, « C’est comme si moi, femme blanche, je m’identifiais comme personne noire »…

Je me suis donc dit que c’était une excellente idée et que nous pouvions avoir l’audace de nous piquer au jeu, puisqu’un des présupposés de cet argumentaire, c’est que l’adéquation genre/attribution génitale serait une évidence. Il suppose donc que la connexion logique entre genre et attribution génitale ne peut être contredite et ne peut se désolidariser.

Or, comme la question de l’évidence tombe sous le coup de l’argument logique, je me suis dit que nous pourrions utiliser les outils de la logique, et pour le coup de la logique mathématique, pour vérifier cet argumentaire ou, le cas échéant, l’infirmer. Aussi, je vous propose ce petit guide de déconstruction des arguments TERF (et d’autres), en commençant par nous attaquer à l’argument du conformisme.